Tom fit glisser sa main sur le visage si blanc de Chloé et tenta de se concentrer sur la voix de Benjamin qui communiquait par téléphone avec les pompiers qui étaient sur le point d'arriver devant la salle de concert, où le bus s'était arrêté ce matin même. Il partit rapidement s'habiller et quand il revint, les sirènes retentissaient à l'extérieur. Les pompiers arrivèrent rapidement. Inquiet, il ne voulut pas s'éloigner d'elle mais d'un coup d'½il discret, Benjamin lui fit comprendre de rejoindre les garçons. Il partit donc s'asseoir, tapant nerveusement de sa jambe et essayant d'écouter la conversation qui se déroulait un peu plus bas.
_ A-t-elle une maladie particulière ?, interrogea un pompier.
_ Oui, de l'asthme, un cas d'asthme grave mais je n'en sais pas plus. On lui a juste interdis de fumer mais elle a continué pendant 2 mois encore et il n'y a que maintenant qu'elle s'est décidée à arrêter pour de bon, débita Benjamin à toute vitesse.
_ Bien. On va l'emmener à l'hôpital pour faire plus d'analyses, pour l'instant on la met sous respirateur artificiel, sa respiration est trop erratique et faible.
Il entendit du mouvement et quelques instants plus tard, ils réapparaissaient avec Chloé dans un brancard et branchée à un respirateur. Il réprima un gémissement de tristesse quand il s'aperçut qu'elle avait encore plus pâlit si cela était possible.
_ Bon les gars, vous savez ce que vous avez à faire pour répéter et tout, je pars avec les pompiers. Je vous appelle quand j'ai des nouvelles, il ponctua sa dernière phrase d'un coup d'½il appuyé sur Tom et sortit rejoindre les pompiers qui étaient déjà passés devant.
À la vue de Benjamin, les fans posèrent tout un tas de question sur l'état de santé des gars mais il les rassura rapidement en leur disant qu'eux allaient très bien mais que Chloé devait être transportée à la clinique. Il n'en dit pas plus et grimpa dans l'ambulance qui démarra en trombe et déboula dans les rues de Berlin.
Dans le bus, Tom se laissa tomber dans sa couchette et ne prit même pas la peine d'avaler un petit-déjeuner. À cet instant, il maudissait le destin, la vie, le bon dieu. Il maudissait tout ce qu'il pouvait maudire pour qu'on lui rende sa Chloé le plus vite possible, il maudissait ce qu'il pouvait car maintenant que tout allait pour le mieux les problèmes débarquaient. Pourtant, ce soir il savait qu'il avait un concert à assurer, même s'il savait qu'il n'avait pas du tout envie de le faire ce concert. Il soupira.
Hier soir il se sentait préoccupé mais par rapport à aujourd'hui ce n'était rien. À présent, il se sentait préoccupé, stressé, triste, anxieux, en colère, perdu, bouleversé : appelez ça comme vous voulez, lui aurait voulu ne même pas avoir y penser. Pourtant, l'image de Chloé dans un brancard n''arrêtait pas de repasser en boucle dans sa tête, de même que les mots « asthme », « hôpital » et ... « concert ». Il entendit les garçons discuter à voix basses et se dit qu'il devrait bien les rejoindre pour répéter avec eux. Il n'en avait pas envie mais tant pis. Il soupira.
Il était midi et demi et toujours aucun appel de Benjamin, Tom essayait tant bien que mal de se concentrer mais c'était plutôt mal que bien. Les sons frisaient souvent sans être totalement des fausses notes mais cela se produisait assez souvent pour l'agacer, alors que son anxiété gagnait de plus en plus du terrain. S'il y avait une opération, un décès ou même une complication Benjamin l'aurait déjà appelé, non ? Mais même s'il y avait eu une amélioration, il l'aurait aussi informé, non ? Était-elle morte maintenant ? Était-elle entre la vie et la mort ? La reverrait-il sourire ? Pourrait-il de nouveau la serrer dans ses bras alors qu'elle dormait contre lui ? S'enivrerait-il encore de son parfum ? Caresserait-il son visage dans quelques heures ? Et est-ce que ...
Vraie fausse note, et elles étaient rares depuis des années pourtant.
_ Tom ?
_ Hey, Tom ! On fait une pause ? On peux aller manger, se serait accepté d'ailleurs, il est temps tu sais ?, Georg voulut le distraire.
_ T'inquiète pas ça va aller, tenta de rassurer Bill.
_ Gustav ! Dis quelques chose !, quémanda Georg.
_ Non, je vais pas lui mentir. Ça ne servira à rien. On n'a aucune information sur l'état de Chloé, il faut juste attendre ... patiemment, déclara-t-il calmement à la manière d'un sage, comme à son habitude.
_ Je n'arrive pas à être attendre quand je sais qu'elle peut mourir ou être déjà morte, Tom répondit d'une voix rauque du fait qu'il avait peu parlé ces dernières heures.
Ils ne répondirent pas à ça mais prirent tout de même une pause et partirent déjeuner, un silence lourd les accompagnant jusqu'à la « cantine ». Ils s'assirent à une table un peu à l'écart, la cuisinière leur apporta des assiettes et lâcha un sourire timide et compatissant à Tom avant de repartir. Il essaya d'ignorer ce sourire de pitié et commença rageusement à manger, malgré son ventre noué qui ne voulait pas du tout encaisser des aliments.
Le dreadé sursauta et d'une main fébrile attrapa son portable alors que dans la salle tout le monde s'était tu pour écouter la conversation. Tom acquiesça, pâlit, reprit des couleurs, soupira, raccrocha. Il mit du temps à réaliser et soupira de nouveau. Ses mains passèrent sur son visage dans un geste purement automatique et enfin, il sourit légèrement.
_ Elle est dans un état stable, ils attendent qu'elle se réveille et contrôlent ses poumons au cas où il y aurait une rechute.
Et alors, tous les gens présents dans la pièce soupirèrent de soulagement et recommencèrent à manger, l'esprit un peu plus serein. Tom, lui, souriait à présent comme un malade, prenant vraiment conscience que la vie de Chloé était moins menacée. Il se disait qu'il pouvait faire son concert ce soir presque sans problèmes, il se sentait enfin d'attaque pour assurer le spectacle.
Une batterie, une basse, une voix, une guitare ...
Les fans chantaient aussi fort que leurs voix le leur permettaient et les garçons se donnaient à fond parce qu'ils aimaient ça. Georg s'amusait encore et toujours à se mettre dos aux fans, comme si cela lui plaisait de leur montrer son dos. Gustav mettait toute son énergie sur sa batterie, frappait encore et encore, se fichait complètement qu'il aurait des crampes à la fin du concert car il aimait se défouler pendant ces moments. Bill courait sur toute la scène et communiait littéralement avec son public. Il courait, courait vers Georg, courait toucher les mains des fans, courait vers son frère.
Tom, lui, se contentait de jouer en faisant du mieux qu'il pouvait. Il lui était cependant impossible de mentir, montrer une image sereine et dragueuse de lui, quand il savait que sa copine était dans un lit à l'hôpital. Il parcourut sa guitare et son regard fendit la foule à la recherche d'un point d'encrage. Au coin V.I.P, il se surprit à tomber sur Andréas et sourit pour la première fois du concert, la foule s'emballant quand son sourire apparut sur les écrans. Alors la chanson se termina et pour la première fois dans un concert Tom s'empara du micro de Bill et contre toutes attentes prit la parole.
_ Okay, il se racla la gorge, en fait je voulais juste remercier mon meilleur ami d'être dans la salle et d'être là quand j'en ai besoin. Pour ça, merci Andy.
La foule applaudit quelques instants et il mit du temps avant d'arriver à parler de nouveau. Quand il put, il avait pris sa décision :
_ Et ensuite, je voulais juste dire que ce soir la femme que j'aime, la foule réagit, elle est malade et que ... erm ... je pense à elle, c'est pourquoi la chanson suivante est pour elle. Voici « Après la fin du monde » !
Les projecteurs s'éteignaient, les dernières notes s 'étaient déjà envolées dans la nuit et les fans commençaient à sortir de la salle avec des rêves encore pleins la tête. Dehors, on entendait beaucoup parler sur la femme dont Tom avait parlé. Certaines avaient déjà devinés que c'était Chloé, la plupart en fait. D'autres cogitaient encore car elles ne voulaient pas croire que Chloé et Tom sortaient ensemble.
En coulisses, Tom était une vraie pile électrique, pas qu'il n'était pas fatigué mais juste qu'il se sentait plus qu'impatient de pouvoir prendre le chemin de l'hôpital et retrouver Chloé, même si celle-ci devait sûrement être en train dormir. Il prit une douche rapide et se changea en vêtements un peu moins larges qu'à l'habitude, sans pour autant être serré. Habillé d'une veste et de tout le reste, il sortit et en passant devant les grilles de fans s'arrêta malgré tout pour signer quelques autographes.
_ C'est qui ta copine ? Chloé ?
Questions qui revinrent plusieurs fois mais auxquelles il ne répondit que par un sourire polit. Il termina les autographes et rentra directement de le van qui devait l'amener vers Chloé. En effet, à peine sortit de scène il était tombé sur Benjamin qui était revenu entre temps. Il l'avait harcelé pour avoir les moindres détails sur ce qui s'était passé à l'hôpital. Et seulement après avoir été rassuré, il avait accepté de boire, manger et prendre une douche.
Tom avait passé un accord avec Benjamin et ils s'étaient arrangés pour que Tom puisse passer la nuit à l'hôpital, et surtout pour qu'il puisse arriver à une heure où les visites n'étaient plus autorisées. Il sentit le van démarrer et soupira de soulagement car il allait enfin pouvoir la voir et en apprendre plus sur son état, il allait pouvoir la voir de ses propres yeux. Il appuya sa tête sur le dossier du fauteuil et essaya de se détendre sans pour autant s'endormir à cause de la fatigue qui l'oppressait.
Les secousses de la route le berçait doucement et ce fut dans un état de semi-sommeil que le chauffeur le déposa devant l'hôpital. Tom frissonna, pas qu'il fasse froid juste qu'il détestait les lieux comme celui-ci. Il avait l'impression que la mort y résidait et qu'elle pouvait frapper à tout moment les personnes qui s'y trouvaient. Et en quelque sorte cela se passait ainsi, des tas de gens dans ces chambres blanches étaient prêts à mourir et à ne plus jamais voir la lumière du jour. La mort rodait dans les couloirs et attendait de pouvoir les accueillir, tel un serpent elle rampait sur le pas des portes et attendait qu'un être meurt, pour mieux l'envelopper de ses bras froids.
Le guitariste passa par les urgences, ouvertes 24heures sur 24, et emprunta un couloir vide et assombris quand un infirmier lui indiqua le chemin à suivre. Il arriva devant la chambre 106 et hésita un peu : taper ou ne pas taper ? Il décida que non, taper ne servirait à rien : il faisait nuit, tout le monde était censé dormir, même Chloé. Il entrouvrit la porte et le bruit de l'électrocardiogramme lui parvint immédiatement aux oreilles. Il souffla pour se donner du courage et rentra complètement dans la pièce.
Il faisait très sombre et seul la machine cardiaque permettait d'y voir un peu, diffusant de sa lumière qui teintait les murs de vert. Tom s'approcha du lit à barreaux et s'assit sur le fauteuil à côté celui-ci sans pour autant lâcher le corps de Chloé du regard. Sous la faible lumière, elle apparaissait comme un peu plus pâle et ... paisible. Ses boucles brunes retombaient sur l'oreiller et l'horrible blouse bleue claire remontait jusqu'à ses minces épaules. Il soupira et attrapa la main de sa copine. Elle était froide, les doigts mous dans les siens et pourtant la peau toujours aussi douce. Il soupira, de soulagement, et déposa sa tête sur le bord du matelas, ne lâchant pas sa fine main et plongeant un peu dans le sommeil.
Quelques heures plus tard, il sursauta quand une infirmière pénétra dans la pièce pour vérifier l'état de Chloé qui dormait encore. La jeune femme lui adressa un sourire bienveillant et, après l'avoir rassuré quant à la santé de la brunette, elle sortit s'occuper des autres patients. Tom jeta un ½il à sa montre : 4h. Il bailla, se leva et fit quelques pas pour délasser ses muscles endoloris d'être resté assis dans une position si inconfortable trop longtemps. Il marcha encore un peu et se rassit sur le fauteuil pour se reposer encore un peu, bien qu'il soit toujours aussi inquiet pour Chloé. Sa peur de la perdre ne s'apaiserait que lorsqu'il lui aurait parlé, pas avant.
Chloé remua et une douleur lui prit tout le bras, elle évita de le bouger et, malgré son cerveau embrumé par la fatigue et les somnifères, se rappela qu'elle avait des perfusions pleins le bras. Elle soupira mais n'émit qu'un faible gémissement plaintif. Ouvrant un peu les yeux, elle apprécia les volets fermés par les infirmières et s'habitua à la semi-obscurité de ce début de matinée. Ou du moins elle supposait que c'était le matin. Elle tenta de bouger ses mains quand elle s'aperçut que l'une d'elle était déjà emprisonnée par «quelque chose». Elle en chercha la cause et sourit délicatement quand elle tomba sur le visage endormit de Tom.
En effet, il s'était rendormit en tenant sa main, et sa tête restée posée tout près du bassin de Chloé. Elle tenta de rigoler mais resta bloquée par sa respiration un peu hésitante. La veille, on lui avait fait tout une batterie de tests qui avaient finalement révélés que son asthme s'était aggravé. Cela elle s'en doutait, mais on lui avait aussi prescrit de la ventoline et dès la moindre quinte de toux elle avait l'obligation de s'en servir pour ne pas mettre ses poumons trop à l'effort. Alors à défaut de rigoler, elle soupira et observa Tom. Il avait enlevé sa casquette, ainsi que son bandeau, et deux trois dreads assez longues retombaient sur ses épaules. La bouche entrouverte, il respirait lentement et Chloé le sentait parfois resserrer sa main dans la sienne, comme pour vérifier qu'elle était toujours à ses côtés, comme si dans ses songes il restait présent physiquement avec elle.
Une dizaine de minutes de contemplation plus tard, le jeune homme ouvrit doucement les yeux et ne remarqua pas directement que sa copine était réveillée. Pour l'instant, il se concentrait sur son mal de dos, ses cauchemars de la nuit et son mal de tête imminent pour cause de sommeil non réparateur et perturbé. Il s'étira sans ménagement et Chloé étouffa un rire, en voyant sa bouille du réveil, avant de prendre la parole :
_ Bonjour, toi, elle murmura.
Il sursauta, ne s'étant pas du tout attendu à cette intervention, et reporta vivement son attention sur elle. L'aissaillant de tout un tas de questions auxquelles elle répondit par un simple baiser déposé sur ses lèvres.
_ Je vais mieux, Tom. Relâche la pression.
_ J'ai eu tellement peur.
Il murmura et passa la main de Chloé sur son visage, comme pour sentir que c'était bien sa peau à elle qui le touchait. Il ferma les yeux et soupira. Maintenant qu'elle était réveillée et qu'elle pouvait lui parler, il se sentait déjà beaucoup mieux, beaucoup plus soulagé mais pas encore tout à fait serein. Il déposa sa tête, lourde du soucis qu'il se faisait pour elle, sur son c½ur et en écouta les battements, c'était mieux ainsi que les bips stridents du cardiogramme. Elle sourit et passa une mains dans ses dreads alors qu'il ne bougeait pas et écoutait, simplement.
_ Je t'aime, finit-il par murmurer.
Les battements s'accélèrent d'un coup puis reprirent un rythme normal quand il croisa le regard heureux de Chloé.
_ Je t'aime aussi, Tom.
Elle l'embrassa chastement puis lui fit part de sa décision : elle voulait tout dévoiler aux médias. Elle ne voulait plus avoir à se cacher pour l'embrasser entre deux interviews, pour le regarder comme elle le souhaitait, pour afficher sa possessivité, sa jalousie, son amour. Elle voulait qu'ils soient heureux et tant pis si elle devrait d'abord souffrir du regard du monde entier, elle en s'en sentait capable pour lui. Il manqua de sauter de joie tellement ce qu'elle lui dit lui fait plaisir et se contenta de l'embrasser en y mettant tout l'amour qu'il ressentait pour elle. Quand ils se séparèrent, elle avait les joues rosies et lui les yeux scintillants de bonheur.
Alors oui, peut-être que leur avenir serait fait de joie, d'amour et d'eau fraîche. Pour l'instant elle ne voulait que lui, ses douces étreintes et ses tendres baisers. Elle caressa le visage de Tom, posé contre son sein, à cet instant précis elle n'avait pas besoin de mots. Seul son c½ur qui battait une chamade affolée pouvait faire comprendre à Tom l'ampleur de ses sentiments. Même si les battements raisonnaient clairement dans la chambre. Il sourit comme un dingue et se cala plus confortablement dans son siège, délaissant la peau chaude de Chloé alors qu'ils commençaient à parler, de tout et de rien.
Kikou alors voilà le nouveau chapitre, je préviendrai demain. Gros bisous à toutes, en espérant que ça va bien.
Pour moi oui, même si les blocus me font chier ! Je ne joue pas la rabat-joie mais bon ... j'ai quand même mon BAC de français et svt à la fin de l'année. Bref .... GROS BISOUS ET BONNE SEMAINE !!!!!!!!!!
Juste parce que j'aime beaucoup cette image.


