Il partit rapidement dans la salle de bain et revint torse nu avec un baggy sur les hanches. Ils se sourirent tandis qu'elle tapota le matelas pour qu'il la rejoigne. En fait, il ne comprenait pas pourquoi elle était là mais il appréciait tout de même sa présence. Ils n'avaient rien dit de l'incident de l'après-midi mais s 'étaient quand même tenu à distance l'un de l'autre alors il avait de quoi être étonné.
_ Alors, comme ça tu voulais sortir ?, reprit-il.
_ Oui, j'avais envie de me changer les idées.
_ Hum..., il avait l'air pensif.
_ C'est faux, et elle n'arrivait pas à lui mentir.
_ Quoi ?
_ Chut.
Elle se rapprocha encore de lui et effleura sa main, lui procurant un frisson et un petit recul. Il la scrutait alors elle lui sourit et continua de caresser ses doigts. Partant du tendon qui les reliait à la main, passant par les métacarpiens et terminant sur les fermes cales de guitariste qui ornaient la pointe de ses doigts. Il avait fermé les yeux sous le plaisir qu'elle lui procurait et avait ainsi baissé sa garde. Elle en profita pour lui voler un baiser, il rouvrit brutalement les yeux et tenta de la repousser mais elle anticipa son geste et l'allongea sur le lit. Elle se plaça au dessus de lui et le bloqua pour qu'il ne puisse pas la contrecarrer.
_ Tu voulais pas sortir, pas vrai ?, il ne semblait pas fâché.
_ Non, je ne voulais pas sortir.
Elle lui sourit doucement et fit glisser ses mains sur son torse imberbe, il sourit face à son initiative et l'enlaça à la taille. Elle se baissa un peu, déposa ses lèvres dans le cou du blond et fit encore plus glisser ses mains jusqu'à frôler le haut de son jean. Il frémit et la fit basculer sous lui.
_ C'est pas que je n'aime pas les filles qui prennent les initiatives mais j'aime bien en prendre aussi.
Il passa ses mains sur son ventre, remonta son haut et le fit passer par-dessus sa tête. Il admirait une fois de plus sa peau hâlée sauf que cette fois-ci il put la toucher. Il s'abaissa et frôla son ventre de ses lèvres la faisant languir, puis il s'attaqua à son cou et y passa sa langue : trouvant un de ses points sensibles quand il la sentit se tortiller sous lui. Il s'attaqua ensuite à son short et le fit glisser le long de ses jambes, ramenant ensuite sa bouche au niveau de la sienne. Elle répondit à son baiser et fit glisser ses mains le long de son dos.
Puis tout s'accéléra : ils se retrouvèrent nus, leurs corps se chauffaient et s'emboîtaient harmonieusement. Ils transpiraient tous les deux mais s'en contrefichaient parfaitement, leurs regards restaient ancrés l'un dans l'autre alors que leurs corps bougeaient en rythme. Cela s'accéléra encore, comme un film passé en vitesse accélérée, pour se terminer en apothéose. Tom retomba doucement sur Chloé : ils étaient tous les deux essoufflés et comblés. Il se retira d'elle alors qu'elle tentait encore de reprendre son souffle. Il revint et déposa un baiser sur ses lèvres tandis que ses yeux se fermaient. Il la recouvrit du drap et s'allongea à ses côtés, contemplant un peu son visage endormi avant de partir lui aussi dans le sommeil.
Il était 1:30 quand elle ouvrit les yeux, elle bougea légèrement pour se détacher de l'étreinte de Tom puis se leva et se rhabilla lentement. Elle fixait le ciel foncé qui se voyait à travers les volées non-fermés et souffla doucement. Elle aurait espéré qu'entre elle et lui ce ne soit qu'une attirance physique mais dans ses bras et sous son corps, elle avait bien senti que c'était plus que ça. Plus que ça parce qu'elle avait entièrement vibré et frissonné sous ses gestes tendres et délicats. Elle s'était complètement laissé aller au plaisir qui l'envahissait, elle s'était laissé submerger par le désir qui la consumait, elle s'était laissé piéger par son propre plan... Elle ne voulait qu'un plan cul, elle se retrouvait avec des sentiments qu'elle ne voulait pas connaître.
Elle sortit silencieusement de la chambre et retourna dans la sienne, elle se déshabilla et se laissa tomber sur son lit : lassée, lessivée, fatiguée... trouvez le mot qui vous convient parce qu'elle, elle ne le trouvait pas, elle réfléchit à 3km/h et finit par se rendormir.
9:30 : Un corps s'étirait péniblement dans un lit bien trop vide. Il ouvrit les yeux mais les refermait aussitôt, immédiatement agressé par les rayons de soleil qui perçaient à travers la vitre sans volets. Tom se redressa et prit sa tête dans sa main, encore dans le plaisir qui le consumait la veille. Il se leva en faisant la grimace et s'entortilla dans le draps en allant dans la salle de bain. Il observa son visage fatigué et les cernes qui entouraient ses yeux avant de souffler pitoyablement et d'entrer dans la douche.
Dans une autre chambre, Bill le grand androgyne se réveilla lui aussi. Sentant une certaine détresse du côté de son frère, il s'habilla en vitesse et sortit de sa chambre pour taper à celle de son frère. Celui-ci lui ouvrit après quelques secondes, la mine défaite et ses yeux dégageant une expression douloureuse. Il fit rentrer Bill puis s'assit avec lui, Tom ne parlait pas. En fait, il ne réalisait pas, pas encore du moins. Il passa ses mains sur son visage, geste qu'il avait beaucoup répété depuis son réveil.
_ J'ai couché avec Chloé.
_ Pardon ?, et Bill avait de quoi être plus que surpris.
_ Je ... hier, elle a tapé à ma porte en me disant qu'elle avait voulu sortir mais qu'on lui avait refusé et après quelques minutes ban ... elle m'a bien fait comprendre qu'elle n'était pas venue pour ça et ... je n'ai pas pu résister. Je ... je suis perdu. Comment je vais devoir agir avec elle maintenant ?
_ J'en sais rien, vois comment elle agit et fais en fonction... tu te sens comment ?
_ Mal ... trahi, si je couchais avec elle ce n'était pas pour ne pas l'avoir à mes côtés le lendemain, Tom s'allongea brutalement sur le lit.
_ Ça fait peu de temps qu'elle est avec nous et ... je suppose qu'elle a du entendre parler de la réputation qui te suivait, non ?
_ Je sais pas ... le problème c'est que cette réputation me pourrit toutes mes relations et que maintenant j'en ai marre ... je veux vraiment plus que du cul pour du cul ... j'veux pas de ça avec elle.
Il soupira et Bill comprit très bien ce que son frère vivait parce que lui, il avait beau être le romantique du groupe il n'avait pas non plus réussi à établir une relation stable avec une fille. Allait-il aider son frère ? Bien sûr. Comment ? Lui-même ne le savait pas encore, il savait juste que cette fois-ci il voulait absolument que cela marche.
De son côté, Chloé ouvrit un ½il puis un second. Sa seul pensé fut « Mon dieu ! Qu'est-ce que j'ai été conne ! » Pourquoi était-elle partis l'allumer ? Pourquoi avait-elle voulu assouvir cette pulsion qu'elle aurait pu juste ignorer et oublier ? Elle se détestait ! Elle pouvait pas se faire ça, elle ne pouvait pas faire ça au peu d'amitié qui c'était crée entre eux ! Cela l'énervait ! Elle aurait aimé pouvoir remonter le temps et effacer toute la soirée d'hier. Oui, juste remonter le temps et oublier ce moment, aussi merveilleux soit-il, qu'elle avait passé avec lui.
Toc toc toc !
Combien vous pariez que c'était Tom qui venait l'engueuler parce qu'elle ne lui avait pas laissé le temps de la foutre à la porte après qu'ils aient baisé ?
Toc toc toc !
Zut ! Elle ne voulait pas l'affronter ! Elle ne voulait pas avoir à se justifier ! Elle ne voulait pas qu'il lui pose pleins de questions pour savoir pourquoi elle était partie alors que c'était évident. Si évident pour elle !
Toc toc toc !
_ J'veux voir personne !
Un silence se fit avant qu'elle n'entende un soupir, la poignée se baissa et des pas sur le sol après que la porte se soit fermée. Elle ferma les yeux. Non, elle ne voulait pas se prendre toute sa colère en pleine face. Elle ne voulait pas, elle ne voulait pas ...
_ Chloé...
Chloé n'ouvrit pas les yeux, de toutes manières elle avait reconnu sa voix, elle l'avait tellement entendu en une semaine que même s'il murmurait elle le reconnaîtrait. Quand elle le sentis s'asseoir sur le lit, elle ouvrit doucement les yeux et avec le flou, la lumière et le fait qu'il ne soit pas maquillé elle se stupéfie à penser qu'il ressemblait vraiment à Tom. Idée stupide quand on prenait en compte le fait qu'ils soient jumeau. Elle devait faire une tête bizarre étant donné qu'il souleva les sourcils en signe d'interrogation.
_ Vous ressemblez., expliqua-t-elle.
_ On est jumeau, Chloé !, il rit.
_ Je sais mais j'y avais jamais vraiment fait attention ... jusqu'à maintenant.
_ Parce que maintenant que tu as pu le voir de très près, tu te rends compte de tous les traits de son visage.
_ Comment tu ...
_ Pourquoi tu es partie comme ça ?
_ Je pensais plutôt que se serait Tom qui me poserait cette question ... pas le frère, elle dit cela assez amèrement et Bill s'offusqua.
_ On s'en fiche de qui pose la question !
_ Pourquoi tu t'en mêles ?
_ Parce que c'est mon frère, que je l'aime et que je ne veux pas que tu lui fasses de mal.
_ Ça veux dire que je m'en fou de lui ? Si je suis partie c'est pour qu'il n'y est aucune histoire entre lui et moi. Et elle reprit alors qu'il tentait de protester. Laisse-moi finir ! Je ne veux pas lui porter plus de préjudices, à lui comme au groupe. Je ne veux pas devenir une de ces one-nights aux yeux de vos fans et je ne veux pas être la ligne de mire des journalistes. Je pense que je suis assez médiatisé, pas la peine d'en rajouter. Est-ce que ça te suffit ?
_ Je suis désolé ... pour vous, il murmura.
Elle attendait plus mais il sortit de la chambre avant qu'elle n'ait eu le temps d'atteindre la porte pour le retenir. Elle partit donc se changer les idées sous une bonne douche chaude. Elle en ressortit 20 minutes plus tard encore plus fatiguée que quand elle y était rentrée.
Toc toc toc !
_ 30 SECONDES !
La porte s'ouvrit mais elle était de dos et ne vit pas la personne qui rentrait.
_ J'ai pas 30 secondes.
Je se retourna et observa Tom avant qu'il n'ouvre la bouche.
_ Il faut qu'on parle.
_ Pour quoi faire ? On a couché ensemble ? Tant mieux ! T'as pas pu me jeter quand tu t'es réveillé ? Tant pis ! T'as la rage parce que je m'en fou de toi ? J'm'en fou, Tom ! Ouais, tu m'as bien baisé mais ça s'arrête là ! J'ai pas envie de me caser, pas envie d'être une cible pour tes fans ou groupies et j'ai pas envie de sortir avec toi. Alors on va faire comme si rien ne s'était passé, comme si on n'avait jamais atterri dans le même lit et comme si notre passion n'avait jamais été extériorisée. Sur ce, je pars m'habiller dans la salle de bain et j'espère que quand je reviendrai tu ne seras plus là !
Voilà comment en une tirade, on débitait un tas de mensonges et disait tout le contraire de ce que l'on pensait. Elle partit dans la salle de bain en claquant la porte et s'adossa à celle-ci laissant ses larmes couler librement à l'abri des regards des autres alors que de l'autre côté du morceau de bois Tom prit sa tête dans ses mains. Il soupira avant de sortir de cette chambre, il n'avait pas du tout l'intention de lui dire tout ce qu'elle pensait qu'il dirait, il n'avait pas du tout imaginé qu'elle puisse penser ça.
Il retourna dans sa chambre et s'assit lourdement sur son lit, guitare en main. Il posa juste ses mains sur le manche puis contempla quelques instants les cordes avant d'y déposer ses doigts. Il pressa d'abord la première frette de la cinquième corde et entama son morceau, un morceau qui ne figurait sur aucun album. C'était un morceau qu'il aimait jouer quand il est frustré ou triste. Chaque musicien avait son morceau adapté à chaque situation, quand Tom était triste c'était celui-ci. Quand il était heureux c'était un autre, quand il était intrigué encore un autre et ainsi de suite pour chaque sentiment différent.
Les G's étaient réunis dans la chambre de Georg, qui pour une fois était en ordre, quand un léger tap-tap les déconcentra de leur conversation. Georg se leva, surpris car il n'attendait personne et content que quelqu'un ait pensé à lui. Il ouvrit la porte et laissa entrer Benjamin, qui commença alors à faire les cent pas dans la chambre.
_ Bill n'est pas dans sa chambre et a coupé son portable. Tom est dans sa chambre, ne veux pas me voir et joue ce morceau qu'il joue quand il est triste. Chloé ... Chloé m'a carrément éjecté de sa chambre alors que je venais à peine d'apercevoir les larmes sur ses joues. Et vous ... vous me cachez quoi ?
_ Rien. Pour ma part en tout cas.
_ Rien non plus. Benjamin, déstresse ! Ça va s'arranger, tenta Gustav pour le rassurer.
Seulement ce n'étaient pas les simples paroles du batteur qui allaient le calmer. Il était ... à bout de nerfs. Entre sa fille qu'il ne connaissait pas et dont il découvrait les talents de pianiste, son guitariste qui se renfermait sur lui-même et son chanteur complètement injoignable, il était en train de péter un câble.
_ Et si tu te détendais un peu, non ?
_ Si Tom est triste ça va s'arranger, on a tous des coups de blues, tu le sais ! Bill échappe sans arrêt à la surveillance des vigiles mais réapparaît toujours sain et sauf, énuméra Gustav en réfléchissant.
_ Pour Chloé, on ne peut pas trop te dire, elle est imprévisible et ultra-sensible alors bon ...
_ J'aimerais vraiment la connaître, marmonna Benjamin.
_ Elle aussi je pense.
_ Elle essaie juste de se protéger, compléta Georg.
Chloé essayait de joindre Kate pour la énième fois et elle ne répondait toujours pas. À croire qu'elle filtrait ses appels ! La jeune fille savait qu'elle avait dit qu'elle ne la rappellerait pas mais Chloé avait besoin de parler avec quelqu'un qui l'avait connu avant qu'elle ne vienne habiter ici. Oui, elle avait besoin d'un repère antérieur à la découverte de « son père ».
Elle jeta un coup d'½il à son portable et décrocha après avoir vu le nom de Kate affiché sur l'écran :
_ Salut, Chloé. Je croyais que tu ne m'appellerais pas. Encore moins quand j'ai vu que tu étais la fille du grand Benjamin Ebel, célèbre manager de Tokio Hotel.
_ Je ne savais pas que tu suivais l'actualité Tokio Hotel.
_ J'ai découvert il y a pas longtemps et comme la nouvelle est sur tout les magasines : comment ne pas l'ignorer ?, répondit Kate d'une voix ironique. Pourquoi tu ne me l'as pas dit ?
_ Parce que tu ne m'aurais pas cru et que je ne voulais pas polémiquer sur ça avec toi.
_ Pourquoi tu appelles ?
_ J'ai besoin d'aide, finit par avouer Chloé.
_ Bill t'es où ? Putain, ça fait 10 fois que je t'appelle et ça fait 10 fois que tu ne réponds pas ! Qu'est-ce que tu fous ? T'es complètement injoignable et on sait pas où t'es ! Je m'inquiète, rappelle-moi !
Tom s'assit sur le rebord de la baignoire avec encore cette boule de stress dans la gorge. Son frère n'était vraiment pas possible comme type ! Il n'arrêtait jamais de faire de conneries : toujours en train de chercher le petit truc qui ferait que tout le monde s'inquièterait, ça l'énervait !
_ Tom ?
Il cavala jusqu'à la porte de la chambre et sauta sur son « con de petit frère » qui lui avait une fois de plus crée une frayeur inconcevable.
_ Espèce de nul! Préviens quand tu pars, j'ai eu peur.
_ Désolé.
Il le serra encore un peu contre lui, c'était peut-être caricatural mais il aimait son petit frère comme sa propre vie. C'était son jumeau alors c'était normal mais cela le surprenait à chaque fois de voir à quel point il l'aimait. Tom se rappela que quand ils étaient petits leur mère ne pouvait pas les séparer plus d'une journée car sinon ils déprimaient l'un sans l'autre. Aujourd'hui, ils pouvaient se séparer une journée mais quand Bill était en France et lui en Allemagne, c'était dur sans lui. Cela serait encore plus dur sans téléphone, sans l'entendre le soir lui débiter tout ce qu'il avait fait dans la journée à une vitesse tellement rapide qu'il ne comprenait que les trois quarts.
_ Tu me lâches ?
_ Oui, pardon.
_ C'est pas grave, Bill sourit.
Tom le relâcha et l'assit à ses côtés sur le lit. Bill le regarda avant de sourire, de ce sourire qu'il lui faisait quand il apportait de bonnes nouvelles.
_ Oui ?
_ J'ai un plan, déclara le brun.
Chloé raccrocha et posa le portable sur la table de chevet quand on tapa à ma porte.
_ Entrez !
Elle attendit que la porte s'ouvrit et vit Benjamin rentrer en prenant ses précautions. Il lui jeta un regard et se força à sourire.
_ Salut. Ça va mieux que tout à l'heure ?
_ Oui, merci.
_ Ok. Il fit une longue pause avant de reprendre. Je crois qu'il faut qu'on discute.
_ De quoi ?
_ De toi et de ta mère.
Elle se figea l'espace d'un instant avant de tirer lentement les couvertures et de s'asseoir sur le lit un peu mieux fait que quand Benjamin était rentré. Il paraissait encore plus mal à l'aise mais elle ne comptait pas lui faciliter la tâche, non pas du tout.
_ Tu t'es rappelé de son visage ? De son nom, de son corps, de son prénom ?
_ Non, avoua-t-il honteux.
_ Alors pourquoi tu veux parler d'elle si tu ne sais même qui elle est ? Qui elle était ...
_ Parce que si tu m'aides un peu je suis certain de me la rappeler.
_ Je lui ressemble trait pour trait, affirma-t-elle.
_ Ça ne m'aide pas ça !
_ Alors ne compte pas sur moi ! , s'exclama-t-elle bornée. Combien de femmes as-tu mis dans ton lit sans savoir leur prénom ? Pourquoi tu n'es jamais venu quand elle était encore en vie ?
_ Je ... je ne savais même pas que tu existais ! Elle savait que j'étais ton père et pourtant jamais elle ne m'a écrit, jamais elle n'a cherché à me rencontré et jamais je n'ai su que j'étais père !
_ As-tu vraiment cherché à savoir ce qu'était devenue Melinda Chase quand elle est sortie de ton lit ?
Chloé attrapa son sac posé à l'entrée et sortit sans même lui laisser le temps de répondre, elle ne voulait pas entendre sa réponse, elle ne voulait pas écouter les mensonges qu'il tenterait de lui débiter.
Elle marchait sans chercher à comprendre où elle allait, emprunta les escaliers et finit par atterrir au sous-sol 1 : la piscine... Elle s'avança lentement et par chance celle-ci était vide de monde, il n'y avait qu'elle et l'eau de la piscine. Elle regarda dans son sac et attrapa le maillot qu'elle avait glissé dedans la veille, elle l'enfila et déposa le bagage au pied d'un transat. Là, seule debout au milieu d'une piscine vide à l'atmosphère étouffante, elle se rendit compte que l'ambiance pourrait paraître digne d'un film d'horreur aux yeux de n'importe qui. Elle était seule dans la piscine faiblement éclairée, seule comme une fille sans défense alors que personne ne savait qu'elle se trouvait ici.
Dans la chambre de Chloé, Benjamin n'avait pas bougé. Les deux mêmes mots tournaient en boucle dans sa tête : Melinda Chase. Et tous ses souvenirs avec elles remontaient à la surface : il se rappela leurs moments de détente dans le grand parc de Berlin, leurs fous rires alors qu'ils étaient allongés sur le lit de Benjamin pour regarder un film, il se rappela encore pleins de choses mais il se frappa surtout mentalement pour ne pas s'être rappelé d'elle. Melinda, jeune française de 19 ans, était venue en Allemagne pour effectuer un stage linguistique d'une durée d'un an et un jour, elle était tombée sur Benjamin au coin d'une ruelle. Ils s'étaient accrochés et en un regard ils s'étaient sourit, ils s'étaient présentés, ils s'étaient aimés. Leur idylle avait duré une année, une année durant laquelle ils étaient restés constamment ensemble, une année durant laquelle Melinda avait appris à parler allemand encore mieux que les berlinois si possible. Seulement, l'année touchait à sa fin et il devait se séparer. Le jour du départ Benjamin l'avait trouvé plus distante et plus prudente avec lui comme si elle redoutait quelque chose. Savait-elle qu'elle était enceinte à ce moment ? Sûrement. Mais cela ne l'aida pas à comprendre pourquoi elle ne lui en avait pas parlé. Il décida de s'occuper travail pour oublier les quelques soucis qui le turlupinaient et par la même occasion il laissait Chloé se calmer librement.
En parlant de Chloé, elle était toujours dans la piscine en train de nager. Elle se vidait un peu l'esprit laissant son corps flotter à la surface de l'eau miroitante. Elle ne pensait à rien, elle se concentrait juste sur chaque parcelle de peau qui rentrait en contact avec le liquide bleu. Elle se concentrait sur le clapotement qui s'abaissait ou montait sur ses épaules, sur son ventre, sur ses genoux, sur ses chevilles, sur ses pieds... Elle se laissa alors couler jusqu'à pouvoir s'accrocher au fond de la piscine, elle resta le plus longtemps possible en apnée mais finit par remonter pour remplir ses poumons d'oxygène. Sauf qu'à sa remontée à la surface certains détails anodins pour d'autres la perturbèrent voire la choquèrent. Son sac qui était au pied d'un transat avait atterrit dessus, le plongeoir ondulait alors qu'elle n'y était pas montée et une ombre s'était dessinée sur le mur Est avant de disparaître.
_ Il y a quelqu'un ?
Sa voix résonna en écho mais seul un silence lui répondit. Un silence lourd, très lourd. Elle commença quelques brasses pour sortir de la piscine quand du coin de l'½il elle aperçut l'ombre grandir sur le mur, signe qu'elle n'était vraiment plus seule...
Suite aujourd'hui parce que demain j'aurai sûrement pas le temps donc dîtes-moi ce que vous en pensez.
RTL pour celles qui me l'avaient demandé par message :
Ma rentrée c'est bien passé, je suis dans une bonne classe avec un emploi du temps assez stable mais je déteste déjà ma prof d'anglais qui me soûle d'une force pas possible ! Cependant, ma prof' d'option Anglais est vraiment géniale. J'suis vraiment fatiguée alors que finalement je fous rien et ce week-end j'pars chez ma belle-mère.
Plus de nouvelles la prochaine fois si ça intéresse toujours =). J'espère que pour vous ça se passe pas trop mal.
T'as la clickouille mania ?



