Elle releva lentement la tête vers le chanteur et s'aperçut, alors, que dans ses réflexions les larmes avaient coulés sur ses joues. Elle lui sourit légèrement et essuya d'un revers de mains les gouttes qui restaient sur ses joues. Elle essaya d'ignorer les regards des autres sur elle et me dirigea vers la fenêtre, l'ouvrant pour se poser sur le balcon, alors que les groupies hurlaient à s'en péter les cordes vocales quelques étages plus bas.
_ It's nothing. And it will always nothing. (Ce n'est rien. Et ce sera toujours rien.), elle répondit
_ Are you sure ? (Es-tu sûre ?), Bill était dans l'embrasure de la porte afin que les fans ne le voient pas.
_ Yes. Don't be anxious. (Oui. Ne soit pas inquiet.)
_ Okay, but I'm anxious. You miss your mother ? (Okay mais je le suis. Ta mère te manque ? )
_ Don't speak about my mother ! (Ne parle pas de ma mère !), la peine rendait sa voix agressive
_ Why ? (Pourquoi ?)
Elle décida de ne plus répondre, elle en avait d'ailleurs trop dit pour quelqu'un qui ne voulait pas leur parler.
_ Bill, laisse-la tranquille ! Tu crois que si je mourrai tu parlerais volontiers aux gens ?, Tom semblait la comprendre.
_ Si tu mourrais, je ne resterai pas une seconde de plus sur cette terre !, son frère lui répondit les dents serrées.
Ce fut sur ces mots que Bill rentra dans la chambre d'hôtel, c'était beau ce qu'il venait de dire à son frère. Très beau même ! Et elle, y avait-il quelqu'un sur cette terre qui, si elle venait à disparaître, mourrait de chagrin sans sa présence ? Existait-il une personne qui pourrait l'aimer sans poser trop de questions ou juger ses actes ?
Ses réflexions furent une fois de plus interrompues mais cette fois-ci par la sonnerie de son portable qui était resté dans la chambre. Elle l'attrapa en vitesse et décrocha.
_ Chloé, c'est Kate. Ça va ?
_ Normal.
_ Tu sais, on s'inquiète pour toi avec les filles, ça fait deux jours que tu n'es pas venue au lycée et on n'a pas de nouvelles de toi, et la voix de Kate semblait réellement anxieuse. Qu'est-ce qui se passe ?
_ Ma mère est morte alors des gens ont débarqué à la maison, j'ai atterris dans un foyer social pendant 2 jours et aujourd'hui mon père que je n'ai jamais connu et dont j'ignorais l'existence jusqu'à présent m'a emmené avec lui en Allemagne où je dois vivre avec lui, Chloé débita cela rapidement sachant qu'elle ne le pourrait pas dans le cas contraire.
_ Oh mon dieu ! Tout ça ! Et ... Tu le vis comment ?
_ Kate, comment veux-tu que je le vive ? Je le vis mal. Ma mère est morte et plus jamais je ne l'a reverrai, plus jamais elle ne m'admira alors que je compose un nouveau morceau sur mon instrument préféré. Et je suis là, l'Allemagne, c'est très beau mais je ... je me sens seule, elle commençait même à se livrer.
_ Tu sais ta mère t'aimais vraiment mais il faut que tu continues à vivre et puis tu parles allemand alors niveau communication ça doit pas être dure, non ?
_ Je lui ai fais croire que je ne parlais pas sa langue, elle avoua.
_ T'es quand même vache dans ton style, tu ne crois pas que pour lui aussi ça doit être dure d'essayer de connaître une fille dont il ignorait l'existence il y a moins d'une semaine alors que celle-ci lui met des barrières, barrières dont il n'a pas besoin.
_ Tu ne peux pas me comprendre et tu n'a pas à me dire ce que je dois faire ou pas. J'ai mes raisons, la réplique sonna sèchement.
_ Je m'en fiche que ce que je dis ne te plaise pas, tu n'as pas à agir comme ça avec lui.
_ IL NE SE RAPPELLE MÊME DE MA MERE ! ALORS IL SE LA SAUTE, PEINARD LE TYPE, IL LUI FAIT UN ENFANT MAIS IL NE SAIT PAS QUI ELLE EST, tu ne peux pas comprendre et tu ne peux pas savoir le mal que ça me fait. Alors ne me dit pas ce que je dois faire ou pas.
Kate ne réagit pas directement, sûrement du fait que Chloé s'était laissée emporter par sa colère, elle qui d'ordinaire restait calme. Elle prit aussi conscience que les garçons la dévisageaient tous, n'ayant bien évidemment rien compris de sa conversation française avec sa copine et n'ayant pas non plus assimilé la cause de sa colère.
_ Tu as raison, je ne peux pas savoir ce que tu ressens même si je n'approuve toujours pas. T'es-tu seulement demandé si ta mère l'avais informé de ton existence ? Fin, je ne sais pas, je vais te laisser mais si jamais t'as un coup de blues ou une envie de parler j'espère que tu sais que je serai là, son amie reprit.
_ Je ne t'appellerai pas et tu le sais.
_ Je sais mais j'avais espéré que tu puisses changer et t'ouvrir un peu plus aux autres.
_ Je ne changerai pour personne et tu le sais, à plus.
_ Au revoir, Clo., Kate abdiqua.
Elle raccrocha et Chloé laissa glisser son portable sur la table, jetant un regard noir aux gars pour les empêcher de gâcher leur salive.
Elle monta dans leur bus et après avoir rapidement jeté un regard au décor elle s'assit sur un des mini-canapés collés au mur. Depuis sa petite crise au téléphone personne n'avait cherché à lui parler et elle en était bien contente, elle avait juste envie de ... de dormir et de ne plus jamais se réveiller pour essayer de se réveiller un monde meilleur, juste un monde beau où sa mère serait encore là et où son père la connaîtrait depuis sa naissance.
_ Bon les gars, vous avez une interview dans 2h, il sera 14h puis à 15h, direction la salle pour les sounds-check. Le reste vous savez comment faire, informa le manager.
_ On va manger ?
_ Oups, j'ai failli oublier !, l'homme agita la tête.
_ Et on tient comment jusqu'à ce soir si on ne mange pas, hein ?
_ J'suis un peu ailleurs. Bon, venez les cuisinières ont du préparer des bons trucs encore une fois.
Ils ressortirent et elle, elle resta assise de toutes manières elle n'avait plus faim et pas envie de se retrouver entourée de tout le staff et compagnie. Seulement, ce qu'elle n'avait pas prévu c'était qu'ils ne seraient pas tous partis et qu'une ombre placée devant elle lui ferait relever la tête. L'ombre n'était autre que Bill qui la regardait d'un air curieux.
_ Come on ! (Vient !)
_ I'm not hungry. Thanks. (Je n'ai pas faim. Merci)
_ I don't care ! Come on ! (Je m'en fou ! Vient !)
Il l'attrapa par la main et la tira à l'extérieur du bus, remettant des lunettes sur leurs yeux. Il la traîna jusqu'à l'entrée d'un petit bâtiment, lui lâcha la main puis rentra en l'invitant à faire de même. Chloé pénétra dans l'édifice, pour le moins banal quand on y rentrait, Bill partit en direction d'une porte et l'ouvrit en l'interrogeant du regard. Elle réagit un peu et le rejoignit, il masqua un léger sourire puis la fit rentrer avec lui : ils avaient atterrit dans une grande salle transformée en espèce de cantine qui pouvait abriter plus de 200 personnes. La quasi-totalité des tables étaient prises mais il restait deux places de libre avec Benjamin et les autres. Bill l'entraîna à ces deux places et s'assit, attendant qu'elle fasse la même chose.
Elle le regardait et n'y comprenait vraiment rien. C'était chiant à la longue, cela faisait à peine une journée qu'elle était ici et tous, tous autant qu'ils étaient, voulaient la connaître et bien s'entendre avec elle. Cela en était vraiment rageant ! C'est vrai quoi : elle jouait à la garce, ne faisait aucun effort avec eux, leur adressait un regard tous les trente ans et aucun sourire ! Et avec tout ça, ils voulait quand même savoir ce qu'elle faisait et qui elle était ! Elle s'apprêtait à s'asseoir quand un homme s'approcha d'elle :
_ Salut. Je m'appelle David et je suis leur manager. Ça va toi ?
Elle continuait de mentir et le regarda étonnée, elle entendit alors « son père » soupirer puis prendre la parole.
_ Elle ne parle pas allemand, lâche l'affaire.
_ Pourquoi t'essaie pas d'avoir une conversation avec elle ?
_ Pour lui dire quoi, David, hein ?
_ Que tu regrettes, que t'es content de la voir même si ça tombe mal, j'en ai aucunes idées moi ! Juste lui dire quelque chose !
_ What's happen ? (Qu'est-ce qui se passe ?), encore et toujours en train de jouer la comédie.
David et Benjamin : NOTHING !
Elle devait tirer une tête bizarre puisque Bill lui tira la main pour la faire asseoir, le bruit qui régnait dans la salle s'était apaisé aux cris des deux hommes et David s'en alla après avoir adressé un dernier sourire à Chloé et accordé un regard noir à Benjamin.
_ Bon appétit quand même !, Tom tenta de détendre l'atmosphère.
Il lui sourit lui aussi et elle préféra détailler un peu les gens qui travaillaient avec eux : il y avait les gars baraqués qui assuraient leur sécurité, les autres un peu moins imposants et qui pourtant restaient musclés pour transporter et monter le matériel et il y avait quelques filles, sûrement des maquilleuses, des cuisinières et d'autres métiers qui étaient sûrement inconnus aux yeux de Chloé. Elle regarda une autre table où des types en costumes discutaient, probablement des producteurs ou types d'Universal qui vérifiaient que la tournée se déroulait bien. Elle remarqua ensuite que David, avec sa chemise kaki à demi ouverte et son jean, faisait très tâche au milieu d'eux.
_ They observe everything that we're doing. (Ils observent tout ce que nous faisons. ), encore Bill qui l'aider.
_Producters ? (Des producteurs ?)
_ Yeah and others. (Ouais et d'autres.)
Elle se concentra de nouveau sur une table et observa les gars du groupe cette fois-ci : Georg mangeaient tranquillement ses frites, Gustav discutait un peu avec un garde qu'il semblait apprécié, Bill conversait avec Benjamin à propos du concert de ce soir pour lequel il stressait et Tom ... Tom la regardait.
_ What ? (Quoi ?), elle demanda.
_ Nothing. (Rien.)
Il dit cela avec un sourire malicieux, comme s'il savait l'agacement que ce simple mot lui procurait, puis prit part à la conversation de Bill et Benjamin. Elle mangea sans grande conviction le steak/frites qui lui avait été déposé dans une assiette et n'attendit pas que les autres aient terminé pour se lever de table et sortir de la salle.
Chloé comptait retourner au bus quand un rapide regard à la porte lui prouva qu'elle ne pouvait plus sortir à cause des nombreux journalistes agglutinés contre celle-ci. Elle passa alors par un autre couloir, passa devant des portes toutes plus semblables les unes que les autres et finit par atterrir sur une immense scène. Wouah, c'est fou comme c'était immense. Elle n'osait même pas imaginer comment cela devait faire quand c'était plein et que tous leurs fans hurlaient.
_ It's fantastic when it's full ! (C'est merveilleux quand c'est plein !)
Elle se retourna, surprise, et tomba sur Tom qui une fois de plus l'observait. Elle le regarda elle aussi : il portait un tee-shirt rouge et on remarquait les bordures d'un autre tee-shirt (blanc) en dessous, un baggy en jean foncé et des baskets rouges. Il avait en plus accompagné le tout d'une casquette noire avec des écritures rouges pour retenir ses dreads.
_ I guess. (J'imagine.)
Puis elle s'assit sur le bord de la scène et continua d'observer les rangées de chaises vides ainsi que l'immense fosse pas encore remplie. Elle ne disait rien et puis, que pourrait-elle dire à un type qu'elle ne connaissait pas ? Elle ne savait rien de lui, hormis quelques détails sur la réputation qu'il avait, détails qu'elle avait perçu dans la file pour rentrer dans l'hôtel ce matin. Quand elle avait entendu les insultes des groupies, cela incluait des phrases du genre « Han ! C'est qui c'te garce ? J'suis sûre c'est une one-night de Tom ! », bien sûr il y en avait d'autres dans le style mais bon ... Elle préférait ne pas trop s'en occuper, si elle devait rester avec eux pendant encore trois mois autant ne pas s'occuper des rumeurs qui circuleraient sur elle.
Elle sentit qu'il s'apprêtait à parler mais une voix masculine l'interrompit avant qu'il ne puisse prononcer le moindre mot :
_ TOM, tu le fais exprès ou quoi ? On te cherche, allez les autres t'attendent dans le bus. David veux parler avec vous ! Et ramène ma fille avec toi !
Puis, « son père » partit alors qu'elle regardait Tom et laissait exploser sa colère.
Pour vous lancez sur quelques pistes, je suis en train d'écrire le chapitre 8 et Tom et Chloé ne sortent toujours pas ensemble même s'il y a eu quelques conneries entre eux deux. Moi sadique ? Jamais ....




