Elle se préparait donc mentalement à devoir aller dans une famille d'accueil ou un foyer social, mais ils lui dirent qu'elle devrait vivre avec son père. Son père ? La blague, elle ne l'avait jamais connu. Il y a 3 ans, sa mère lui avait avoué que pour lui elle n'avait été qu'un coup d'un soir et qu'ils ne s'étaient jamais revus "après". Il aurait pu être mort et enterré alors pourquoi devait-elle aller avec lui maintenant ? Elle ne le connaissait pas et je n'avais pas envie de le connaître, elle ne voulait pas vivre avec un étranger, un simple étranger qui se disait être son père, qui se devait de l'être. Mais on ne devenait pas père 17 ans après la naissance de son enfant ! Non, on était père quand on voyait son enfant naître, que la nuit on se levait pour changer ses couches ou lui donner son biberon alors qu'on était mort de fatigue; on était père quand on voyait les premiers pas de son enfant, qu'on entendait ses premiers mots, qu'on autorisait ses premières sorties et qu'on le réprimandait pour ses premières bêtises et ses premiers mensonges !
On était père pour cela et il n'était pas son père, parce qu'il n'avait pas fait tout ça ! Non, il avait choisi d'abandonner ma mère après avoir couché avec elle. Alors, elle avait du l'élever seule, la nourrir et la vêtir sans l'aide d'un mari. Elle avait du abandonner sa jeunesse pour elle, pour qu'elle puisse avoir un foyer décent. Elle avait travaillé dur, très dur et maintenant que tout allait quasi-normalement, sa fille se retrouvait sans elle à devoir aller avec quelqu'un qu'elle ne connaissait pas.
« Mais ... elle ne savait pas qui c'était, je ne peux pas aller chez lui, si elle ne le connaissait pas ! »
Cela avait été sa réplique quand on lui avait dit qu'il viendrait la chercher dans 3 jours, alors le notaire lui avait expliqué que sa mère savait très bien qui était son père mais que pour éviter « un engouement médiatique » (expression que la jeune fille avait du mal à comprendre), elle ne voulait pas que sa fille rencontre son géniteur et qu'elle voulait encore moins qu'il soit au courant de son existence... sauf cas exceptionnel. Et apparemment, c'était un cas exceptionnel puisqu'ils l'avaient contacté et surprise : il était allemand ! Mais quelle surprise, quel merveilleux cadeau que de lui donner un père qui ne parlait pas sa langue maternelle ! Bien sûr elle parlait allemand, couramment même, mais elle n'aimait pas cette langue, sa mère l'avait forcé à la prendre en 5ème et elle s'était forcée en retour à avoir de bonnes notes pour lui faire plaisir. Cela lui avait fait plaisir, d'ailleurs.
Son « père » avait réagit de manière posée, ce qui était quand même assez stupéfiant étant donné la situation, et avait informé les gens qui « s'occupaient de son cas » qu'il viendrait dans 3 jours la chercher. Et elle, dans tout cela, elle faisait quoi en attendant ? Elle était là, allongée sur le lit du foyer parce qu'entre temps ils l'avaient mise dans un foyer social comme elle le redoutait, et elle attendait : elle avait passé sa journée allongée sur le lit, les bras croisées derrière la tête à admirer le plafond et ruminer ses souvenirs d'enfance auprès de sa mère.
Sa mère était partie et, elle ne comptait pas se le cacher, cela lui faisait mal de devoir affronter la vie sans elle. Pas qu'elle avait eu une vie difficile jusqu'à présent, bien au contraire sa mère avait tout fait pour qu'elle soit heureuse et c'était justement le fait qu'elle ne soit plus là pour veiller sur elle qui l'inquiétait. Pourrait-elle à nouveau passer du bon temps avec des amis en sachant que quand elle rentrerait sa tendre mère ne serait plus là pour l'envahir de questions, pour lui demander comment s'était passée sa soirée ? Elle ne savait pas, elle ne savait plus. Elle ressentait tellement ce manque, le manque d'une mère, qu'elle ne voulais rien savoir. Elle était tellement proche d'elle, lui racontait presque tout et quand on grandit sans père c'est dans la logique des choses d'être proche de sa mère, elle pensait...
Elle pensait peut-être trop d'ailleurs, mais c'était sa façon à elle de faire le point et il fallait qu'elle évacue toute sa douleur. Elle se dirigea vers sa valise, en sortit son ordinateur et après l'avoir allumé, se mit à écrire. Juste écrire tout ce qui lui passait par la tête et quand après elle relirait toute la douleur qui passait dans ses mots, cela n'aurait peut-être aucun sens mais sur le coup cela la soulagerait. C'étaient juste des mots, stupides pour certains, mais pour elle cela représentait tellement plus. Si elle avait pu réduire son piano et l'emporter avec elle(en le glissant dans sa poche) elle serait en train de jouer et chanter à s'en casser les cordes vocales mais malheureusement un piano à queue était beaucoup trop imposant et les gens du foyer n'avaient pas voulu s'embêter pour le transporter, elle s'était donc résignée à le laisser à son ancien chez elle malgré le fait que sa tristesse passe aussi à travers cet instrument.
Elle jouait du piano depuis 8 ans, depuis qu'elle avait 9 ans, c'était presque une passion, une échappatoire à la vie. Les cours étaient chers mais sa mère ne les lui avait pas refusé et elle avait lu dans ses yeux, lors de son premier concert au conservatoire, qu'elle était vraiment fière de sa fille. Alors, sa fille avait poursuivit avec encore plus de ferveur son apprentissage jusqu'à devenir la numéro un « section piano » du conservatoire de musique ! Et quand elle disait qu'elle faisait du piano depuis 8 ans, certains la regardaient avec dégoût en pensant certainement qu'elle n'était qu'une fille de bourges gâtée par la vie alors que d'autres restaient stupéfaits et admiraient sa ténacité et son talent, selon leurs dires. Seulement, ce que personne ne savait c'est que leur avis elle s'en contrefichait, elle s'en contrefichait complètement car cela lui plaisait et c'était peut-être la seule chose qu'elle faisait pour elle. Quand on n'y réfléchissait bien, elle était bilingue allemand/français pour sa mère, forte à l'école pour sa mère, une bonne fille qui ne fume ni ne me drogue pour sa mère.
Elle aimait sa mère, elle l'aimait profondément c'était sa seule famille, ses grands-parents ayant lâchement expulsée sa mère de la maison quand elle leur avait apprit sa grossesse, quand elle leur avait appris qu'elle allait avoir un enfant à seulement 20 ans et que le père ne l'aiderait pas. L'adolescente déteste ses grands-parents pour cela, sa mère ne méritait pas ça, non elle ne le méritait pas et pourtant elle y avait fait face. Elle y avait fait face avec beaucoup de courage.
C'était maintenant à son tour de faire face à la vie avec courage. Seulement voilà : en aurait-elle la force ?
Cette jeune fille, ce « elle » c'est Chloé, pauvre fille paumée qui doit apprendre à vivre sans sa mère et dans deux jours rencontrer mon père.
Donc voilà pour ce chapitre 1 qui est plutôt à considérer comme un prologue étant donné sa longueur et son contenu. Disons que c'est un chapitre pour se mettre dans l'ambiance et comprendre la situation de Chloé. La suite viendra quand elle sera écrite et avant le 11 août si j'ai le temps et l'accès à internet (du 11 au 24 je ne suis pas chez moi, j'écrirai mais ne pourrai peut-être pas poster).
J'attends avec impatiences vos avis, bisous les miss !
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P.s : Je répète, pour celles qui ne l'auraient pas fait ou n'auraient pas compris, que pour être prévenue il faut me rajouter dans vos blogs préférés et seulement dans vos blogs préférés ! Merci d'avance