Alors, elle ne devait jamais sortir sans lunettes de soleil, sans garde du corps, sans autorisation de sa part. Elle devait encore moins sortir devant les salles de concerts avant le concert, elle ne devait pas apparaître dans le champ des caméras quand les back stage ou la Tokio Hotel TV étaient filmés ! Elle ne devait pas distraire les gars. Enfin bref, elle se disait qu'elle aurait plus se dire ce qu'elle avait le droit de faire : manger, respirer, boire, discuter sans emmerder les gens, suivre le groupe et les instructions de Benjamin.
Une fois toutes ses instructions énumérées en anglais, il l'interrogea du regard et après qu'elle ait acquiescé il l'informa qu'ils partaient pour Berlin où ils devaient rejoindre les gars du groupe pour les accompagner dans leur nouvelle tournée, dont une partie se déroulerait en France.
Au bout de 10 minutes, ils arrivèrent à l'aéroport et embarquèrent pour Berlin dans un silence plus qu'immense. Une hôtesse les conduisit à leur emplacement en classe affaire, à croire que le célèbre manager des Tokio Hotel ne se refusait rien ! Elle s'assit et enleva enfin ses lunettes, qu'il lui avait jusque là interdit d'enlever, les rangea dans son sac à main et attendit patiemment que l'avion décolle pour la mener dans ce pays qui, il y a des années, prôner « l'espace vital » et la « pureté de la population », ce pays où Hitler avait fait régner sa loi totalitaire, ce pays qui pourtant regorgeaient d'espace et de paysage magnifique.
[...]
L'avion atterrit après presque une heure de vol, il était 11h45 et elle avait faim. Ils récupérèrent ses bagages et sortirent, à la porte un homme costaud et en costume les attendait. Il salua respectueusement Benjamin et lui sourit timidement, à elle, Chloé. Il les amena à un van noir aux vitres teintées, le même qu'il y avait 2 heures si ce n'était que la plaque d'immatriculation différait. Elle monta avant Benjamin et s'attacha d'un geste lent tandis qu'il faisait de même.
Il la regarda ensuite comme pour s'imprégner des détails de son visage et lui dit qu'ils n'avaient que 10 minutes de trajet pour rejoindre les gars à leur hôtel. Le chemin se fit une fait une fois de plus en silence, dans son silence. Silence dans lequel elle s'enfermait pour se protéger de ses questions et de la curiosité des gens autour d'elle.
Pour se distraire, « son père » entama une conversation avec l'homme au costume qui s'appelait en réalité Tobi, elle apprit en écoutant discrètement leur conversation que c'était un des gardes du corps du groupe et qu'il n'était venu les chercher à l'aéroport qu'exceptionnellement. Toujours dans cette même conversation, son père se plaignit du fait qu'elle ne parlait pas allemand, que cela allait encore plus compliquer les choses et qu'il aurait vraiment voulu la rencontrer dans d'autres circonstances.
Ils entamaient une discussion au sujet de la musique et des performances des Tokio Hotel quand il arrivèrent à l'hôtel. Elle resta un instant ébahie devant le luxe de celui-ci, elle se reprit vite cependant quand elle sentit les regards de Tobi et Benjamin posés sur elle. Un masque impassible se posa sur son visage et elle posa un pied dehors après avoir mis ses lunettes. Ce qu'elle n'avait pas remarqué par contre c'était la horde de fans agglutinée derrière les barrières, elles criaient comme des hystériques mais à peine Chloé était-elle sortie qu'un silence de mort s'abattit parmi elles. Benjamin se plaça derrière elle, leur sourit amicalement et avança attendant que sa fille le suive. Ce qu'elle fit donc, elle passa devant ces filles : certaines habillées vulgairement chuchotèrent quelques insultes alors que d'autres habillées plus discrètement ou façon rock la regardèrent intriguées avec pourtant du respect dans le regard : Chloé venait alors de différencier fans et groupies.
Elle continua d'avancer et ils finirent par rentrer dans le hall de l'hôtel. Une fois de plus c'était luxueux, vraiment magnifique : des colonnes en marbres soutenaient le plafond gravé de feuilles d'or, au centre de l'allée de colonnes se trouvait l'accueil formé d'un bureau rouge et d'outils techniques hyper cher. Benjamin se dirigea directement vers celui-ci et après quelques mots invita Chloé à le suivre, Tobi montant avec eux. Ils rentrèrent dans l'ascenseur et montèrent les étages lentement, arrivé au cinquième les portes s'ouvrirent, ils avançaient quand Benjamin s'arrêta devant la porte n°513.
Il toqua doucement avant d'ouvrir, Chloé tourna la tête vers Tobi qui lui sourit pour être rassurant, elle lui répondit timidement et se décida à passer la porte que « son père » avait déjà passé depuis plus de 30 secondes. Au premier abord, elle ne rentrait que dans une pièce normale mais en y regardant mieux c'était une suite et pas des chambres séparées : la pièce salon circulaire donnait sur 4 portes identiques qui devaient sûrement cachées 4 chambres et 4 salles de bain. Le salon était composé d'un canapé noir, d'un écran plasma et d'une immense baie vitrée donnant sur l'entrée de l'hôtel. Elle n'eut pas le temps de s'intéresser plus aux détails que la voix de Tobi raisonna à son oreille.
_ Chloé ?
Il lui fit un signe de tête et quand elle regarda dans sa direction, elle tomba sur « son père » et ... et les Tokio Hotel.
_ Les gars je vous présente ma fille Chloé. Chloé? Tokio Hotel, Bill, Tom, Georg et Gustav.Au fur et à mesure qu'il les citait, il les montrait avec sa main et précisait leur rôle dans le groupe: Bill, chanteur, c'était le type maquillé avec 30 centimètres de cheveux dressées sur la tête; Tom, guitariste, c'était le gars assez craquant mais habillé avec des sacs poubelles et des pieuvres sur la tête; Georg, bassiste, le garçon aux cheveux lisses et habillé simplement et le dernier; Gustav, batteur, celui qui avait rougit dès qu'elle avait posé son regard sur lui, blond et simple.
Elle leur adressa un rapide
« Hello » avant de se désintéresser d'eux et de repartir à sa découverte de ce monde de luxe sans pour autant ignorer la conversation qui se déroulait.
_ Pourquoi elle ne nous calcule pas ?, s'était Bill qui questionnait Benjamin._ Elle ne comprend rien à l'allemand, sa mère est morte il y a 3 jours et à moi-même elle ne m'a adressé que quelques mots.
_ Elle est totalement canon, la pieuvre parla.
Les rideaux étaient noirs incrustés de diamants et elle espérait, pour la direction de l'hôtel, que se soient de fausses pierres sinon ils devaient souvent changer les rideaux.
_ Tom, je te rappelle que tu parles de ma fille pas d'une de tes groupies. Si tu la touches, je ne sais pas ce que je te fais !Elle sourit discrètement à la remarque de son « père » et reporta son regard sur la télé allumée qui diffusait une série américaine retraduite en allemande.
_ J'ai juste dit qu'elle était canon, je n'ai pas dis que j'allais la mettre dans mon lit dans la minute qui suivait.
_ Et t'as pas intérêt !
_ A problem ?, ellefit semblant de s'intéresser à la conversation qui s'échauffait. _ No, nothing.
_ Okay.Il fit de nouveau croire qu'elle s'intéresser à la chambre mais plus rien ne l'intéresser alors elle s'assit sur une chaise dans un coin de la pièce.
_ Et comment on fait si on veut lui parler mais qu'elle ne parle pas allemand ?, questionna le bassiste, intrigué._
L'anglais tu ne connais pas ?, le calamar répliqua.
_ Vaut mieux pas avec l'accent qu'il a !, le batteur se moqua de Georg et celui-ci s'offusqua._ L'anglais et ce n'est pas sûre qu'elle vous réponde, comme je vous l'ai dis elle ne veut pas parler, conclut Benjamin._ Benj', ça va ? T'as l'air vraiment fatigué,
_ Je ... j'ai toujours vécu en célibataire et là on m'annonce que j'ai une fille et que je dois m'occuper d'elle, ça beaucoup pour moi. En plus, elle ne me ressemble même pas.
_ Elle ressemble peut-être à sa mère..., suggéra le guitariste._ Je ne me rappelle même pas de sa mère,
l'homme souffla ces mots.Alors il en était ainsi ? Sa mère n'était qu'un coup d'un soir pour lui ? Qu'une malheureuse fille en manque d'affection et qui s'était réfugiée dans ses bras ? Pensait-t-il cela d'elle ? Et elle, pourquoi ne lui avait-elle jamais raconté tout ça ? Pourquoi ne lui avoir jamais parlé de son père ? De celui qui avait fait qu'aujourd'hui elle existait... Avait-elle honte de cette nuit passée avec lui ? Avait-elle ne serait-ce qu'un souvenir de ses ébats avec lui ou bien était-elle trop bourrée pour se rappeler de comment il lui avait fait l'amour ?
Cette situation dégoûtait Chloé, cette histoire lui filait la gerbe, elle en avait marre. Ouais vraiment marre. En l'espace de moins d'une semaine tous ses repères s'étaient effondrés autour d'elle, elle avait quitté son pays, les quelques copines qu'elle avait, sa maison, ses habitudes dans sa ville. Elle avait tout quitté pour vivre avec celui qui ne se rappelait même pas du visage de sa mère...
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Voilà pour cette deuxième partie du chapitre, je suis vraiment contente que ça plaise. Cette partie est la dernière de ce chapitre et ce chapitre est le dernier jusqu'au 25 à moins que j'arrive à écrire un chapitre demain et poster avant dimanche...
Bisous à toutes et merci pour vos com's si gentils !
Tite-lolite0609 > Est-ce que Chloé va révéler aprés qu'elle sait parler allemand ??? : Oui oui, elle le dira mais .... pas volontairement et puis ça serait pas drôle qu'elle ne parle jamais directement avec eux.